
Créée en 1944 pour l’éditeur américain Herman Miller, la Coffee Table d’Isamu Noguchi est devenue un incontournable pour qui aime le design.
Son secret ? Un piétement tout en bois massif (noyer, frêne noir ou érable) composé de deux pièces identiques imbriquées tel un reflet inversé, surmonté d’un plateau triangulaire en verre trempé (1280 x 920 mm, 19 mm d’épaisseur). L’ensemble ne dépasse pas 400 mm de hauteur et offre un look à la fois simple, élégant et résolument poétique.

Isamu Noguchi : un artiste aux multiples facettes
Né en 1904 à Los Angeles, Isamu Noguchi a grandi au Japon avant de poursuivre son adolescence aux États-Unis. Son père était poète, sa mère écrivaine : un environnement bouillonnant qui nourrit son sens artistique dès son plus jeune âge. À 24 ans, il déménage à Paris et devient l’assistant de Constantin Brancusi, alors l’un des sculpteurs les plus influents du 20e siècle.
Au-delà de la sculpture, Noguchi s’intéresse aussi bien à l’urbanisme qu’au design d’objets du quotidien — il planche sur un babyphone et va jusqu’à imaginer des voitures futuristes ! Ses fameuses lampes Akari sont considérées comme l’une de ses créations les plus marquantes (même si Isamu Noguchi lui-même dira que la table Coffee Table reste sa plus grande réussite).
Reconnu aux États-Unis dans les années 1950, il laisse derrière lui une œuvre protéiforme, oscillant entre formes libres et lignes sobres.
Everything is sculpture. Any material, any idea without hindrance born into space, I consider sculpture.
Courbe et sobriété : l’essence même de Noguchi ?
Les volutes douces et les contours arrondis sont présents chez Noguchi dès ses premières expérimentations. Lorsqu’il assiste Brancusi à la fin des années 1920, il crée la sculpture “Globular” : une pièce déjà tout en rondeurs, révélatrice de sa future signature. Brancusi lui transmet un profond respect pour la matière — qu’il s’agisse du bois ou de la pierre. Noguchi s’en inspirera pour concevoir des œuvres où la sobriété ne sacrifie jamais la sensualité des formes.

Coffee Table : le courant surréaliste comme inspiration directe
Au cœur des années 1940, Noguchi fréquente les cercles surréalistes, même s’il ne se réclame pas ouvertement du courant artistique.
Pourtant, la Coffee Table en porte clairement l’empreinte : on y retrouve ces formes organiques, presque fluides, à la manière de Dalí et de ses silhouettes oniriques. L’assemblage inattendu de deux pièces de bois en miroir, surmontées d’un plateau en verre, évoque ce goût pour l’inattendu et le rêve éveillé.
Résultat : une table qui glisse tout naturellement dans nos intérieurs, distillant un soupçon de poésie surréaliste sans faire l’impasse sur la fonctionnalité. Coffee Table, une réelle sculpture utile…